Comment passe-t-on de la vente de fournitures pour le milieu médical à la collecte et au traitement des déchets médicaux? En écoutant ses clients, tout simplement ! C’est du moins le parcours de Philippe Le Hannier.
C’est en 1994 qu’il crée Sodicome (Société de diffusion de consommables médicaux) avec un associé pour commercialiser, dans l’ouest des produits destinés aux professionnels de la santé.
Mais très rapidement sa clientèle indépendante (médecins, infirmières, vétérinaires…) tâtent le terrain : distribuer les produits c’est bien, mais s’il pouvait reprendre les déchets ce serait mieux. C’est qu’entre temps la législation s’est durcie et les ordures médicales ne peuvent plus être jetées avec les déchets banals.
Philippe Le Hannier est un rapide et le calcul est sans appel : la France compte 240 000 professionnels libéraux et rien n’existe pour répondre aux besoins de ce marché diffus. Il commence donc à récupérer les emballages des produits qu’il a livré, puis peu à peu finit par changer de métier. En 1997, lors de la parution des décrets sur le traitement des déchets médicaux, son chiffre d’affaires est multiplié par trois. Désormais Sodicome récupère 450 tonnes de déchets par an via des conventions annuelles qu’il signe avec ses clients. Il couvre 46 départements sur un axe Lille Bordeaux et pourra traiter l’ensemble de l’hexagone dès janvier 2005 grâce à une opération de croissance externe.
Le problème qui se pose aujourd’hui est celui de la logistique et de l’adaptation permanente à la législation. Lorsqu’il se sépare, fin 2001, de son associé, Philippe Le Hannier décide de tout remettre à plat et engage une réflexion avec ses deux plus anciens salariés. Il dissèque l’entreprise avec l’aide de Créativ. Logistique, administration, commercialisation…tout y passe. L’opération aboutit à l’informatisation de la partie administrative et à la recherche (actuellement en cours) d’outils pour organiser la logistique. Côté marketing, Sodicome a innové en proposant à ses clients une vignette annuelle de forme hexagonale inspirée de la feue la vignette automobile. De couleur différente d’une année sur l’autre, elle permet aux professionnels de la santé de montrer qu'ils sont en conformité avec la loi.