" Impressionné "…c’est le mot qui vient à l’esprit de Guy Canu, dirigeant de Sogica ( Saint Grégoire-35) pour résumer les sentiments qui l’animent à son retour du Portugal. Un voyage rapide mais riche d’enseignements, réalisé en octobre 2003 dans le cadre du rallye Europe de l’Union des entreprises d’Ille-et-Vilaine, avec l’association Tous les Ports du Monde.
Premier acte : une réception amicale avec six hôtes parlant un excellent français…et d’une seule voix quel que soit l’organisme qu’ils représentent. Hautement symbolique de cette cohésion, la plaquette remise aux invités est estampillée à la fois " Association des entrepreneurs du Portugal " et " Chambre de commerce et d’industrie ".
" Le pays a su se moderniser grâce aux aides européennes. Aujourd’hui d’autres pays arrivent et les Portugais savent qu’ils vont devoir payer. Ils s’y sont préparés ", analyse le dirigeant, " alors ils cherchent à identifier leur valeur ajoutée dans l’Europe : qu’ont-ils à vendre ? Dans la région de Porto où nous étions, ils se heurtent aux mêmes enjeux que nous, notamment la concurrence asiatique. Ils savent que leur atout c’est la réactivité et l’organisation ".
Très inspirés des districts industriels italiens, les Portugais se sont organisés en filières. Mais leur taux d’investissement en R&D est très bas (0.6% contre 3% en moyenne en Europe et 9 à 10% au Japon et aux Etats-Unis). Une situation qui ne devrait pas durer ! " Ils ont analysé que le coût de fabrication est marginal dans le prix d’un produit. Pour innover, ils veulent améliorer l’offre afin de maîtriser l’ensemble de la chaîne, poursuit Guy Canu. Ils se situent en amont, étudient le marché, voient ce que l’on pourra imaginer comme marque pour créer un besoin de produit. Leur objectif est de jouer sur les marges de distribution pour continuer à fabriquer chez eux et pouvoir investir en R&D. Ils refusent de se positionner comme de simples sous-traitants. C’est un pari qu’ils font. "
Certes, sur le terrain, le chemin à parcourir est encore long, comme en témoignent les visites effectuées par les industriels français. La visite de l’ entreprise de chaussures Aerosoles-Comércio de Calçado, SA, non automatisée et forte consommatrice de main d’œuvre n’a pas semblé avoir d’avenir prometteur pour Guy Canu. En revanche et malgré, là aussi, le maigre niveau d’automatisation, le fabricant de bouchons Amorin & Irmäos, SGPS SA, leader du bouchon de liège dans son pays, a donné à réfléchir au dirigeant breton. Car sous ses aspects rustiques, António Amorim ne s’est pas contenté d’exploiter les forêts familiales de chêne liège. Il a depuis longtemps diversifié ses activités : dans l’immobilier, dans le tourisme en créant une chaîne hôtelière avec Accor, et dans le textile en implantant une unité en… Chine !