" C’est la première fois que j’allais dans les pays de l’Est européen. Je ne les voyais pas à ce niveau là. On en revient encore un peu plus inquiet ". Le voyage éclair effectué à Prague fin avril avec une douzaine d’ élus de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Rennes n’a pas laissé Guy Canu indifférent.
Il a d’abord été fasciné par la motivation et la dynamique qui anime la République Tchèque dont la population, jeune, est très syndiquée. Mais d’un syndicalisme foncièrement différent de celui que l’on trouve en France. " Ils s’appuient sur trois fondamentaux : on ne fait pas la grève, on ne touche pas à l’outil de travail, on négocie dans l’intérêt de l’entreprise " explique le dirigeant de Sogica (Saint-Grégoire-35) qui souligne encore la rapidité avec laquelle les choses évoluent. Evidemment, tout le pays n’est peut-être pas à l’image de Prague. Mais dans cette ville il n’y a pas différence avec Paris. " C’est un peuple qui a peur de nous comme nous avons peur d’eux, mais pas pour les mêmes raisons. Ils ont des complexes, mais ils vont très très vite. Et depuis 4 ou 5 ans, tout s’est structuré, il y a peu d’inflation, le déficit est maîtrisé. Ils n’ont rien à nous envier…sauf les salaires qui sont 5 à 10 fois inférieurs à ceux pratiqués en France. Le Smic moyen horaire est environ d’un euro…alors que les magasins affichent des prix identiques à ceux que l’on trouve en France. Ils travaillent généralement 42h …et se demandent comment les dirigeants français font pour s’en sortir avec les 35 H et les grèves.
Le groupe a pu visiter 4 entreprises, presque toutes filiales de sociétés françaises, exerçant dans des secteurs différents. Letov Letecká Výroba S.r.o fournisseur d’Airbus, fabricant de pièces et de sous-ensemble pour l’industrie aéronautique européenne (Groupe Latecoere, 297 salariés), " une usine française gérée par les Tchèques qui a les compétences, la méthode, la qualité et n’a rien à envier à ses homologues françaises "
FM Česká, prestataire de service logistique (Groupe FM Logistic – 340 personnes) qui pose ses jalons géographiques à l’Est : une présence en Pologne et bientôt en Russie
Merlin s.r.o, éditeur de logiciels professionnels pour les activités financières, commerciales et médicales (140 employés). Il y a trois ou quatre ans, ce secteur d’activité était un " territoire de cows-boys " aujourd’hui après le boom de l’informatique dans le pays, les meilleurs sont restés et se sont structurés. Une faiblesse : l’absence de produits propres au moment où les gros opérateurs européens commencent à s’intéresser au marché.
Euro Rscg New Europe, leader de la communication en République Tchèque (Groupe Havas Advertising, 150 salariés), une entreprise partie de rien il y a moins de 15 ans et où les couloirs ressemblent à une micro Tour de Babel : on y parle 14 langues…ce qui n’empêche pas d’avancer. La preuve : très novateurs, ils revendent même au groupe les savoir-faire qu’ils développent à Prague.
" Le pays s’est transformé en très peu de temps. Il n’y a presque pas d’inflation, les déficits sont maîtrisés et ils ont conscience d’être à un niveau stratégique au plan européen. Tout se fait trois à quatre fois plus vite qu’ici" conclut Guy Canu encore très impressionné par une dynamique dont on a peut-être oublié les recettes en France.
(source Minefi)